Et pour commencer pourquoi mettre ces deux approches en lien ? Le symbole est un intermédiaire pour comprendre le monde du sens, le monde divin ou spirituel. Il est donc un filtre entre moi et la Réalité, le Réel, la Vérité. Il évoque cette Vérité, lui donne une forme compréhensible ou plutôt « appréhensible » dans le sens que l’on peut l’appréhender, l’approcher, communiquer avec. C’est en quelque sorte le langage des Dieux pour les hommes.

Mais ce langage permet-il de connaitre et de contacter véritablement Ce Réel ? D’entrer dans la vie des pensées, dans le vivant de l’être, dans lequel les divinités font UN avec nous ?  En fait l’approche symbolique semble apparaître comme un frein à l’accès au Réel. Ou du moins elle nous laisse à la porte du monde spirituel dont elle parle et qu’elle représente. Nous semblons toucher là une limite qui nous empêche d’aller plus loin.

De plus ce langage symbolique même s’il contient un certain pouvoir de réenchanter le monde aujourd’hui comme dirait Luc Bigé (et dieu sait si ce monde en a besoin) semble appartenir désormais au passé et soit insuffisant pour nous sortir de l’impasse dans laquelle l’humanité se trouve.

La mythologie est apparue quand les hommes ont perdu le lien avec le monde spirituel, ont été coupés des Dieux. Toutes ces métaphores ont permis de garder le souvenir de ces Dieux, de notre véritable source, pour ne pas être complètement abandonnés et définitivement perdus.

Une autre approche a vu le jour d’une manière trop discrète et qu’il me tient à coeur de partager. Il s’agit de l’approche phénoménologique initiée par Goethe dans ses écrit scientifiques et développée ensuite par Rudolf Steiner (voir par exemple dans son livre « Goethe, le Galilée de la science du vivant » Editions Novalis). Pour Steiner c’est bien cette approche phénoménologique qui est la plus juste pour notre époque. Elle correspond aux besoins d’évolution de l’être humain d’aujourd’hui.

Qu’y a t-il de si important dans cette conception ? C’est une approche qui utilise notre pensée d’une manière totalement nouvelle. Aujourd’hui la pensée est assimilée d’une part à l’intellect c’est à dire au mental qui traite des données sur le plan sensible (matériel) on pourrait dire l’utilisation du cerveau gauche « rationnel » et d’autre part la pensée « philosophique » ou « artistique » qui rejoint toute l’approche symbolique et utilise le cerveau droit.

On voit bien toute la difficulté à faire un pont entre les deux, et l’impossibilité dans les deux cas d’accéder à la véritable connaissance. C’est pourquoi il m’est apparu en tout clarté que l’approche phénoménologique doive utiliser le cerveau « entier » mais d’une toute autre façon. Il s’agit de la pensée Vivante grâce à laquelle l’être humain aujourd’hui peut aborder chaque phénomène avec une disposition particulière qui lui permet d’avoir les concepts les plus justes et les plus adaptés pour comprendre les phénomènes.

Ainsi l’être humain utilise sa pensée non plus pour catégoriser ou pour symboliser, représenter mais il utilise sa pensée pour connaitre véritablement et s’approcher de plus en plus de la Réalité. Il peut alors oeuvrer pour apporter de nouvelles solutions, de nouveaux paradigmes.

Nous devons conclure qu’il nous faut développer cette faculté nouvelle d’une pensée vivante affranchie des contraintes du cerveau qu’il soit de droite ou de gauche (comme nos parties politiques !) mais aussi être conscient des filtres, des préférences, issus de nos conditionnements passés qui nous empêchent d’aborder avec un esprit libre n’importe quel phénomène.

Je consacrerai d’autres article à ce sujet.

 

 

 

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